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L'économie résiliente du Québec : On se compare avec les voisins

Dernière mise à jour : il y a 7 jours

Examiner la performance économique du Québec et sa capacité à résister aux turbulences

The Quebec and Canada flags. Jacquesdurocher347 | Dreamstime

Introduction

Le Québec, deuxième province la plus peuplée du Canada, possède une économie robuste qui s'est révélée résiliente au fil des ans. Il est connu pour la diversité de ses secteurs économiques, notamment l'aérospatiale, les technologies de l'information et la fabrication de pointe, qui l'ont aidé à résister aux turbulences économiques.


Dans cet article, nous examinerons la performance économique du Québec par rapport à celle des autres grandes provinces canadiennes et nous déterminerons les facteurs qui influencent sa capacité à résister aux turbulences économiques.


Indicateurs économiques

L'un des principaux indicateurs de la performance économique d'une province ou d'un État est le taux de chômage. Le Québec a toujours maintenu un taux de chômage inférieur à la moyenne nationale. En 2022, le taux de chômage du Québec est de 4,3 %, ce qui est inférieur à la moyenne nationale de 5,3 %. À titre de comparaison, le taux de chômage de l'Ontario était de 5,6 % et celui de l'Alberta de 5,8 %.


En février 2023, la Ville de Québec a conservé son titre de région ayant le taux de chômage le plus bas au pays avec 1,9%, surpassant facilement son précédent record de l'été 2019. Selon les dernières données de Statistique Canada, l'emploi est en plein essor à Québec.


Croissance du PIB

Un autre indicateur économique essentiel est le produit intérieur brut (PIB). Le PIB du Québec a connu une croissance constante au cours des dernières années, et son taux de croissance est comparable à celui des autres grandes provinces canadiennes. En 2019, le PIB du Québec a augmenté de 3,3 %, ce qui est supérieur à la moyenne nationale de 1,7 %. À titre de comparaison, le PIB de l'Ontario a augmenté de 2,0 %, tandis que celui de l'Alberta a progressé de 0,5 %. En 2020, la pandémie de COVID-19 a entraîné une baisse du PIB, mais celui-ci s'est rétablie rapidement. Selon les prévisions de la chaire en macroéconomie et prévision de l'UQAM, le Québec devrait mieux performer que la moyenne nationale en termes de croissance économique, avec une prévision de 1,48 % pour 2023 et 1,41 % pour l'année suivante, tandis que la moyenne nationale est respectivement de 1,45 % et 1,30 %.


École des sciences de la gestion, Chaire en macroéconomie et prévisions

Une économie diversifiée

L'économie du Québec est diversifiée et présente des atouts dans différents secteurs. L'aérospatiale est l'un des secteurs qui contribuent le plus à l'économie de la province, avec des entreprises comme Bombardier, Pratt & Whitney et CAE qui ont une présence importante. Le secteur des technologies de l'information connaît également une croissance rapide, Montréal étant une plaque tournante de l'IA et de l'apprentissage automatique. Le secteur de la fabrication de pointe est un autre domaine de force, avec des entreprises comme BRP, qui fabrique des produits récréatifs, ayant un impact significatif sur l'économie. En comparaison avec les États américains, l'économie du Québec est similaire à celle d'États comme le Massachusetts et l'Illinois, qui ont des économies diversifiées avec des forces dans différents secteurs.


Secteur publique disproportionné ?

Le nombre élevé de travailleurs du secteur public au Québec fait l'objet d'un débat et peut avoir des effets à la fois positifs et négatifs sur l'économie. D'une part, le fait de disposer d'une main-d'œuvre importante dans le secteur public peut apporter stabilité et sécurité d'emploi aux travailleurs, ce qui peut stimuler les dépenses et soutenir les entreprises locales. En outre, les emplois du secteur public offrent souvent des salaires et des avantages compétitifs, ce qui permet d'attirer et de retenir des travailleurs qualifiés.


D'un autre côté, une main-d'œuvre importante dans le secteur public peut également entraîner une augmentation des impôts et des dépenses publiques, ce qui peut avoir un impact sur la compétitivité globale de la province. Elle peut également donner l'impression d'une inefficacité bureaucratique et d'un manque d'innovation et d'esprit d'entreprise.


Toutefois, il convient de noter que la taille de la main-d'œuvre du secteur public au Québec n'est pas très différente de celle des autres provinces canadiennes. En 2020, le secteur public représentait 22 % de l'emploi au Québec, ce qui est similaire à la moyenne nationale de 19,8 %. Il est également comparable à d'autres grandes provinces canadiennes, comme l'Ontario et la Colombie-Britannique.





Par ailleurs, le rôle du secteur public dans l'économie québécoise ne peut être négligé. Le secteur public est un employeur important dans la province et joue un rôle vital dans la fourniture de services essentiels tels que les soins de santé, l'éducation et les services sociaux. Le secteur public soutient également le développement économique en investissant dans les infrastructures, la recherche et le développement, et d'autres initiatives.


Initiatives gouvernementales

Le gouvernement du Québec a mis en œuvre diverses initiatives pour soutenir la croissance économique et attirer les investissements. L'une de ces initiatives est la création de l'agence Investissement Québec, qui soutient les entreprises au Québec. Le gouvernement québécois a également mis en place plusieurs incitations fiscales et crédits d'impôt pour stimuler l'innovation et l'esprit d'entreprise. Par rapport aux autres provinces canadiennes et aux États américains, le Québec a un taux d'imposition des sociétés relativement élevé, ce qui peut être dissuasif pour certaines entreprises.


Pas toujours rentable

Bien que le gouvernement du Québec ait mis en œuvre diverses initiatives pour soutenir la croissance économique et attirer les investissements, il n'a pas été à l'abri de quelques échecs importants dans le passé. Un exemple notable est l'investissement du gouvernement dans la série C de Bombardier, une nouvelle ligne d'avions commerciaux. Le gouvernement du Québec a investi 1,3 milliard de dollars dans le projet en 2016, dans le but de soutenir la croissance de l'industrie aérospatiale dans la province. Cependant, le projet a connu d'importants dépassements de coûts, des retards et des problèmes de qualité, ce qui a conduit Bombardier à vendre une participation majoritaire dans le programme à Airbus en 2018.


Un autre exemple est l'investissement du gouvernement dans la chaîne matérielle RONA. En 2012, le gouvernement du Québec a investi 75 millions de dollars dans RONA, dans le but de maintenir le siège de l'entreprise dans la province et d'empêcher une prise de contrôle par un concurrent américain. Toutefois, l'investissement n'a pas permis de maintenir l'indépendance de RONA, qui a finalement été rachetée par Lowe's en 2016.


Ces exemples montrent que les investissements publics dans des projets privés peuvent être risqués et n'aboutissent pas toujours aux résultats escomptés. Si certains investissements peuvent réussir, d'autres peuvent échouer, et le gouvernement doit examiner attentivement les risques et les bénéfices potentiels avant d'investir l'argent des contribuables.


Conclusion

En conclusion, l'économie du Québec est généralement considérée comme résiliente, diversifiée et relativement stable par rapport aux autres grandes provinces canadiennes et aux États américains. La province a maintenu un taux de chômage inférieur à la moyenne nationale et a connu une croissance régulière de son PIB. Son économie diversifiée, avec des points forts dans des secteurs tels que l'aérospatiale, les technologies de l'information et la fabrication de pointe, l'a aidée à se protéger des turbulences économiques dans des secteurs spécifiques. Les diverses initiatives du gouvernement québécois pour soutenir la croissance économique et attirer les investissements ont également contribué à sa stabilité économique malgré les bévues . Bien qu'aucune économie ne soit à l'abri des turbulences économiques mondiales, la performance économique du Québec au fil des ans suggère qu'il est bien positionné pour faire face aux défis économiques.




PIB des provinces canadiennes

Sources :

  1. Statistics Canada. (2021). Labour force characteristics by province, monthly, seasonally adjusted.

  2. Conference Board of Canada. (2021). Provincial Outlook: Spring 2021.

  3. Institut de la statistique du Québec. (2021). Gross domestic product (GDP) at market prices, by province and territory.

  4. Investissement Québec. (n.d.). Investissement Québec.

  5. Government of Quebec. (2021). Corporate Tax Rates in Canada.

  6. Ministère des Finances du Québec. (2020). Québec Economic Plan.

  7. Ministère de l'Économie et de l'Innovation du Québec. (2021). Priority Sectors.



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